Actualité

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Le feuilleton des mamans 8

Bérangère 3 : Crispation

Depuis quelques jours, Bérangère est moins tonique, moins dynamique, moins punchy. Bérangère glisse vers la sinistrose aussi sûrement que ses enfants glissent sur le toboggan. En piaillant de surcroit, ce qui lui vrille les oreilles, lui lessive le cerveau et lui met les nerfs en pelote.

Chéri ne semble rien remarquer. Chéri semble planer. Sur un petit nuage rose et bleu. Non. Vert. Vert campagne. Au-dessus d’un quelque part perdu, isolé. Loin. Au-dessus d’un endroit désertique, entre des touffes d’herbes et des amas de vieux cailloux.

Elle ne peut pas dire que la discussion a été houleuse, elle a refusé toute discussion à ce sujet. Elle n’avait pas signé pour déménager et s’enterrer vivante, songe t-elle rageusement. Elle avait signé avec un jeune cadre, aux dents longues, aussi longues que les siennes, pour qu’ils raclent ensemble le plancher professionnel, et pourquoi pas, aussi profondément que le magma terrestre. Pour acheter un appartement, agencé et décoré comme ceux qu’elle admire dans les pages des magazines et sur Instagram. Pour avoir deux enfants, sans que leur présence ne nuise à sa carrière. Pour mener une existence rangée, sans se compliquer la vie et tout remettre en cause. Chéri ferait-il sa crise de puberté sur le tard ? Il faudra qu’elle questionne ses beaux-parents.

« Notre train est arrêté en pleine voie. Veuillez ne pas ouvrir les portes ni tenter de descendre du train. » Bérangère n’a pas entendu le message d’information, mais remarque que le paysage a cessé de défiler à travers la fenêtre et que d’autres passagers soufflent d’un air grognon. Elle enlève ses écouteurs. « Mesdames et Messieurs, ici le conducteur du train. Un arbre est tombé sur la voie. Nous devons donc attendre que le passage soit dégagé pour pouvoir reprendre notre trajet. Le trafic est interrompu dans les deux sens de circulation pendant au moins deux heures. Je reviendrai vers vous dès que j’aurai davantage de détails à vous transmettre. »

Les passagers lèvent les yeux au ciel, s’agitent, téléphonent à tout va. Bérangère ajuste ses écouteurs, règle le son de son appareil et se cale confortablement sur son siège. Tout à l’heure, elle appellera Chéri, lui dira de faire dîner les enfants. Là-bas, loin, là où Chéri souhaite déménager, des trains roulent-lis, se demande t-elle dubitative ? Qu’importe, pour l’instant, elle savoure ce moment de plénitude.

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Ateliers d’information sur l’IEF
– Instruction En Famille –

Jeudi 8 juillet 2021, 9 h 30 – 12 h ou 14 h – 16 h 30 : Les bases de l’IEF
Atelier en ligne co-animés avec Maddie Hantzler, fondatrice et responsable du service juridique de l’association PIEE Parents Instructeurs Enfants Epanouis
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Le feuilleton des mamans 7

Nadine 3 : Liberté, comment écrire ton nom ?

Nadine est en plein questionnement personnel. Un véritable tourbillon de pensées se bouscule dans sa tête. Le contrôle de l’instruction de ses enfants, et surtout son déroulé, a levé une tempête inattendue en elle.

Au printemps dernier, tout le monde était obligé d’être en téléécole. Sa petite famille, comme d’autres, a pris goût à cette nouvelle organisation de vie. A souhaité la continuer. Parents et enfants ont tout fait dans les règles : déclaration à l’inspection académique, à la mairie, contrôle de l’instruction, enquête de la mairie. Les enfants sont épanouis, ont beaucoup appris, bien progressé, rencontrent de nouveaux copains, tout en gardant les anciens. Les parents vont beaucoup mieux aussi Et bing ! Toute la famille a été démolie !

Nadine se souvient d’un message dans le fil de discussion d’un groupe IEF. Elle le cherche, le retrouve. Prend contact. Vérifie la date du pique-nique proposé. Il tombe… aujourd’hui ! Quelle synchronicité. Cette suggestion est acceptée à l’unanimité familiale, avec joie et enthousiasme. Plus personne n’a encore goût au travail scolaire. Ils sont désormais, parents et enfants, après cet inadmissible contrôle, dégoûtés des exercices, des règles, des manuels et des cahiers. Le panier repas, alléchant et odorant, est préparé en choeur. Le chien, de la partie bien sûr, saute avec eux dans la voiture.

Cette journée marquera leur existence. A tout jamais. Aucun n’a eu besoin de le dire aux autres. Le soir, en se couchant, Nadine et son mari ont longuement bavardé, se remémorant toutes les discussions, de cette journée si riche humainement, ces discussions décousues ou suivies, mais toujours inspirantes et portant à l’introspection; Ils ont conscience du fossé qui les sépare de certaines de ces familles, qui ont si mûrement réfléchi leur choix d’IEF. Ils réalisent qu’ils ne s’agit pas d’une méthode pédagogique, mais d’un mode de vie. IIs comprennent mieux aussi, les ressorts de cet acharnement politique depuis plus de 20 ans. Les accusations, diverses et variées, pour salir les familles, face à la montée inexorable d’un autre type de société. Ils comprennent, petit à petit, que certains de nos choix de vie, et qui sait, peu-être même tous, ne sont pas anodins. Et que les assumer demandent du courage. C’est la première fois, qu’ils ressentent la valeur du mot « liberté ». Sans éprouver néanmoins, le sentiment d’être libres. Bien au contraire. Il leur semble toucher du doigt, les murs et les barbelés qui les enserrent perfidement. Mais ils se font le serment de ne plus se laisser emprisonner par de faux-semblants.

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Ateliers d’information sur l’IEF
– Instruction En Famille –
Nouvelle formule

Ateliers en ligne co-animés avec Maddie Hantzler, fondatrice et responsable du service juridique de l’association PIEE Parents Instructeurs Enfants Epanouis

Descriptif
Chaque atelier comporte une partie théorique, une mise en situation pratique, un moment de réponses aux questions des participants et se termine sur une suggestion de lecture. Parmi les thèmes abordés figurent : les situations juridiques complexes liées à l’IEF, la rédaction du rapport pédagogique à adresser à l’inspection académique avant le contrôle, les CPC, les enfants à profil particulier, d’autres pédagogies… Selon les thèmes, des invité(e)s seront présent(e)s.
L’abonnement à ces ateliers inclut votre suivi juridique personnel (tous courriers et dossiers à l’attention de l’inspection académique, les services municipaux, sociaux ou autres, en lien avec votre situation d’IEF.)

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Le feuilleton des mamans 6

Mireille 2 – Rad…. ou détermination ?

Mireille regarde l’horloge accrochée au mur de son bureau. Il lui reste quelques minutes avant le début de la réunion. Une énième réunion à propos des pratiques d’évaluation. Au menu de celle d’aujourd’hui : L’évaluation des enfants de 3 ans en IEF – Instruction En Famille.

Mireille en a presque un haut-le-cœur. Evaluer des petits qui ont encore tant besoin de sécurité affective, de tendresse, d’un cocon d’amour protecteur. Ne devrait-elle pas, à l’instar de son collègue, conseiller pédagogique, démissionner elle aussi ? Se sent-elle encore vraiment en phase avec les directives ministérielles, avec ce qui lui est demandé d’accepter ? Elle ne peut s’empêcher de songer aux rafles de la seconde guerre mondiale. Au fond d’eux, à quel moment, certains fonctionnaires ont-ils donné priorité à leur conscience ? Elle continue son monologue intérieur… puis sursaute !
« Alors, tu viens ? La réunion va commencer. » Le visage de sa collègue, qui vient de frapper, apparaît dans l’entrebâillement de la porte.
« Oui, j’arrive. » répond t-elle sans entrain.

Mireille essaie de chasser les pensées qui tourbillonnent dans son esprit. Ah celle-là, bien sûr qu’elle est pressée de recevoir des consignes. Strictes. Encore plus strictes. Toujours plus strictes. Si contente d’elle de raconter qu’elle demande à des petits de trois ans en IEF, de lui expliquer ce qu’est l’argent, ce qu’est la France. Et qu’elle est « obligée » de revenir dans un mois, pour un second contrôle, prélude à une mise en demeure de scolarisation, tellement le niveau de l’élève est bas, ses résultats insuffisants. Espère de k…. ! La violence du mot qu lui vient aux lèvres heurte Mireille elle-même. Mince, je me radicalise ou quoi ?

Elle se reprend. Un coup de peigne rafraîchit sa coiffure. Un peu de rouge à lèvres rehausse sont teint. Son tailleur met sa silhouette en valeur. D’un pas assuré, presque martial, claquant ostensiblement des talons de ses escarpins, Madame l’Inspectrice sort de son bureau, traverse le couloir et pénètre dans la salle de réunion. Le premier qui se vante d’avoir fait pleurer une famille, je le ….. ! Zut ! Je me radicalise vraiment !

Madame l’Inspectrice adresse un sourire convenu à l’ensemble de ses collègues. Seul l’un d’entre eux perçoit la flamme déterminée qui brille dans son regard.

Photo de Juan Pablo Serrano Arenas via Pexels

 

Le feuilleton des mamans 5

                          Bérangère 2 : Le retour au bureau

Bérangère est aux anges. Enfin, le retour à plein temps au bureau ! Le matin, elle se lève avec entrain, se prépare, se maquille, quitte son logement sur un petit nuage. Son casque enfoncé sur les oreilles, elle savoure la moindre minute de retard du train, tandis que d’autres passagers soupirent en regardant l’heure.

Bérangère se sent légère, légère. Elle est de nouveaux une femme active, occupée, moderne, indépendante ! Combien de temps encore aurait-elle tenu, en télétravail ? Combien de fois par jour a t-elle entendu « maman » , « maman » ? Si elle avait dû tracer un bâtonnet à chaque fois, une seule feuille n’aurait pas suffit. Elle aurait eu besoin d’un bloc entier !

Ce retour au bureau a été merveilleux pour elle. Tout simplement sublime. Comme elle n’a rien perdu, bien au contraire, de son esprit carriériste et de son ambition, elle a vite jaugé la situation. Qui a déménagé. Loin. Très loin. Trop loin pour revenir tous les jours. Qui a pris goût au télétravail. Qui a quitté l’entreprise et a choisi une autre voie. Qui ceci. Qui cela. Bérangère a scruté chaque collègue, chaque poste de travail. S’est mentalement représenté l’ensemble des promotions à venir. Et telle une athlète sur la ligne de départ, a pris son souffle, s’estimant en tête de peloton.

Son téléphone ne cesse de biper. Instagram est débordé. Qui ne raconte ses journées de retour au bureau ? Les confidences fusent autour de la machine à café. Entre joie et désarroi.

Bérangère se force à se concentrer sur ses dossiers. Ne serait-il pas préférable qu’elle éteigne cet appareil, au lieu de succomber à la tentation non stop, de lire story sur story ? Oh, mais si la directrice de l’école des enfants appelait ? S’il leur arrivait quelque chose ? Elle hésite un bref instant. Après tout, les enfants ont aussi un père… Au moment où, d’un geste décidé, elle s’apprête à éteindre son téléphone, il vibre de nouveau. Bérangère jette un coup d’oeil dessus. Un SMS de Chéri.
                                        « La direction a décidé de se défaire des derniers locaux d’ici
la fin de l’été, dans un peu plus de 2 mois. Le siège sera délocalisé
                                        en province, en pleine nature.
                                        Que dis-tu de cette formidable opportunité
                                        de commencer une nouvelle vie ? »

Bérangère voudrait voler, à la manière d’un aigle majestueux, au-dessus du périphérique, au-dessus des caténaires endommagés, au-dessus des trains à l’arrêt sur les voies à quelques mètres de leur gare de destination, voudrait se faufiler, comme un passe-muraille, de couloir en couloir, et pénétrer dans des rames de métro bondées. Bérangère voudrait hurler qu’elle adore ce que certains abhorrent. A ce moment précis, elle se sent incapable de répondre à Chéri. Alors, d’un geste rageur, elle éteint son téléphone, et, passant d’un écran à un autre, fixe son attention sur les tableaux Excel qui remplissent sa vie.
Photo provenant de Pixabay

Accompagnement de projet pédagogique APP

Dates des prochains accompagnements en groupe
Commencer l’instruction hors école – 28 juin, 5 et 12 juillet

Créer le lieu de ses rêves : école, classe, tiers lieu  – 30 juin, 6 et 13 juillet
Concilier télétravail et téléécole  – 31 juin, 7 et 14 juillet

Dates des prochains accompagnement en individuel, thématique au choix
Du 20 au 28 juin + du 19 au 25 juillet
Les séances sont espacées par un temps de réflexion personnelle

 

Le feuilleton des mamans 4

Nadine 2 : du contrôle à la souveraineté

Nadine est encore sous le choc. Elle n’aurait jamais cru que ce contrôle de l’instruction allait se dérouler ainsi Elle avait passé de longues heures à lire témoignages, conseils et réponses, passant d’un groupe à l’autre, de Facebook à Messenger, de Whatsapp à des listes de discussion. Elle se sentait prête; Ils se sentaient tous prêts, parents et enfants. Sûrs d’eux, faisant de leur mieux, enthousiastes, heureux, et peut-être même inconscients.

Dernièrement, de nombreuses familles avaient passé cette épreuve. Redoutable pour certaines; Constructive pour d’autres; Avec un effarement frisant la panique, elle avait appris qu’un contrôle, qui, en apparence, se déroule bien, pouvait être relaté tout autrement dans un rapport, qui ne pouvait alors être qualifié que de mensonger. Elle avait appris que les lois, qu’elle croyait devoir être respectées, pouvaient aussi être allègrement piétinées. Elle avait appris que le nécessaire devoir de réserve de certains, pouvait n’être que comme une fleur légère à la boutonnière, envolée d’un mince coup de vent.

Mais comme elle s’était promis de ne plus laisser la peur l’envahir, elle s’était reprise, avait galvanisé la troupe familiale, et souriants de toutes leurs dents, détendus, unis , sincères, ils avaient échangé un clin d’oeil complice, vérifié que le jus de fruits était bien au frais, tandis que le moelleux au chocolat embaumait la maison, prémices d’un goûter de délivrance,

L’inspecteur d’académie et le conseiller pédagogique étaient arrivés. Et rien ne s’était passé comme prévu. Il avait fallu batailler, pour que les enfants ne soient pas séparés des parents, pour que la présence du témoin médiateur soit acceptée, pour que les enfants ne soient pas piégés par des tests portant sur des sujets non étudiés, pour rappeler qu’entre février et juin, le niveau de connaissance d’un enfant ne peut être le même. Et pour bien signifier, que ce niveau soi-disant insuffisant, résultait d’années de scolarisation et non de 6 mois d’IEF.

Ils avaient pensé sauver les meubles, avaient savouré le goûter réparateur puis étaient sortis, avec les chiens et rejoints par les amis, pour une grande promenade libératoire dans la forêt. Il avait fallu raconter, raconter, chacun y était allé de ses anecdotes. Ils avaient repris le cours de leur vie et avaient presque oublié ce pénible moment. Jusqu’au jour où ils avaient reçu le rapport, annonçant clairement un deuxième contrôle, et entre les lignes, une rescolarisation.

Nadine s’était alors sentie comme une lionne rugissante. Elle venait de comprendre ce que pouvait signifier de ne pas scolariser son enfant. Qu’au-delà des lois qui laissent abusivement supposer que les familles non sco sont embrigadées dans des sectes, sont des terroristes, sont radicalisées, ont à voir avec la délinquance, ou ont des velléités séparatistes, puisque toutes les lois qui portent sur ces sujets les concernent, elle venait de comprendre que tout cela, ces lois infondées, le code de l’éducation, ces décrets et circulaires à gogo, ce vademecum qu’elle avait lu et relu, que tout cela, eh bien, cela ne la concernerait plus. Tout simplement. Elle venait de prendre acte de sa liberté intérieure. Pour la dernière fois, elle avait envoyé un mail à la super juriste d’une association. Puis, suite à une discussion familiale animée et pleine d’espoir, elle avait commencé les démarches pour que toute la famille retrouve sa souveraineté.
Photo de Felix Mittermeier provenant dePexels

 

Je viens d’enregistrer une masterclass pour Famille épanouie
en tant qu’experte de l’instruction en famille.
Diffusion prévue en juillet !

 

Le feuilleton des mamans 3

Mireille : les interrogations de Madame l’inspectrice

 

Mireille remplit machinalement son chariot, l’esprit ailleurs. Par routine, sa main se tend vers les paquets habituels : riz, pâtes, lentilles… Elle continue ses emplettes alimentaires, l’esprit préoccupé. C’est ainsi, après chaque contrôle de l’instruction d’enfants non sco.

Au début, il y a quelques années déjà, forte et campée sur ses certitudes, elle toisait ces familles avec une totale incompréhension. Mais au fil des ans, elle a commencé à nuancer son avis. En fait, chaque rencontre, chaque discussion avec des parents, chaque échange avec des enfants la fait vaciller et remettre en question tout ce qui lui a été inculqué. Et à chaque fois qu’elle inspecte un enseignant, elle pense de nouveau à ces familles, qui l’intriguent de plus en plus.

En réunion, devant ses collègues, elle masque son trouble. Les pratiques de certains la dégoûtent. Elle ne sent suffisamment en confiance avec aucun, donc ne peut faire part de ses interrogations à personne. Heureusement, elle forme une bonne équipe avec le conseiller pédagogique. Ou plutôt, elle formait ! Car il lui a annoncé tout à l’heure, qu’il démissionne à la fin de l’année scolaire. Il se lance, avec d’autres personnes, dans la création d’une école démocratique. Grands dieux ! Comment fera t-elle l’an prochain ?

Son téléphone vibre, elle manque de lâcher la belle scarole qui s’égoutte entre ses doigts. Un coup d’oeil à l’écran. C’est sa fille.

  « Maman, ma nouvelle copine me dit que l’école n’est pas obligatoire ! C’est vrai ? »

Maman / Mireille / Madame l’inspectrice se sent défaillir un peu plus encore. L’inhabituelle chaleur serait-elle en cause ? D’un frappé peu assuré, elle répond à son enfant. Avec un mot en trois lettres.

Photo de George Becker provenant de Pexels

 

Le feuilleton des mamans 2

Instruction en famille : le grand saut et
les sueurs froides de Nadine

 

C’était il y a quelques mois, tout le monde était obligé de « faire l’école à la maison. » Un nouveau monde s’est ouvert à Nadine et à sa famille. Les enfants ont appris, reposés et calmes. De discussions familiales en discussions amicales, la graine a germé, et après un retour à l’école de quelques semaines, pour terminer l’année scolaire, l’automne a démarré différemment des toutes les années précédentes. 

Nadine est persuadée d’avoir tout bien fait. Elle a dévalisé le rayon « Montessori » du libraire voisin, s’est abonnée à une multitude de newsletters, regarde des vidéos le soir, quand les enfants dorment, très sérieusement en prenant des notes. Elle a aussi intégré des groupes IEF – Instruction en Famille – sur Facebook. En lisant des témoignages, elle a parfois ressenti un certain vertige. Ne s’étaient-ils pas engagés, elle, son mari et les enfants, dans une dangereuse aventure ? Mais non , que peut-il leur arriver ? Ils font tout comme il faut. Même son vocabulaire a changé, elle ne parle désormais plus que de bienveillance, de libre choix et d’intérêt supérieur de l’enfant. Qui pourrait le lui reprocher ? Les enfants vont bien, de même que le papa. Et elle aussi.

Enfin, elle allait bien. Jusqu’à ce qu’elle trouve, un matin en ouvrant la boîte aux lettres, la convocation pour le contrôle de l’instruction des enfants. Cette année, si particulière, ils n’ont pas pu se déplacer dans autant d’endroits, visiter autant de musées, rencontrer autant d’artisans que le font d’ordinaire les familles non sco, comme elle le lit sur les blogs où elles partagent leur vie libre. Mais cette année, les enfants ont mémorisé les tables de multiplication, compris l’accord du participe passé, bouclé le programme d’histoire, celui de géo, sont allés bien au-delà du manuel de SVT, car ils ont pris goût à observer les insectes. En fait, la tête lui tourne, ils ont fait tant de choses, elle ne se serait jamais imaginée capable de les accompagner ainsi dans leurs apprentissages. Elle a même l’impression d’avoir appris elle-même une foule de connaissances. Le papa aussi s’est immergé dans cette nouvelles vie. Tout allait bien, jusqu’à ce sale moment.

Elle savait bien, pour l’avoir lu ici et là, que certains contrôles de l’instruction se passent bien, et que d’autres, se passent mal. Mais au dernier moment, sa totale bonne foi a fait place à la peur. Et tout le pouvoir s’est retrouvé dans les mains des odieux visiteurs indésirables. Depuis ce jour sombre, les enfants ont perdu le goût d’apprendre, le père est dans une colère noire, et elle, elle se sent coupable. Coupable de quoi ?

L’instruction en famille est un mode de vie qui ne peut intégrer la peur, qui nécessite d’acquérir de solides connaissances juridiques, de l’entraide, de la force, de la volonté et la conscience de devoir se battre pour faire valoir ses droits, même en s’étant acquitté de ses devoirs. Désormais, Nadine s’angoisse des supposés lacunes des enfants, au lieu de se réjouir de leur joie de découvrir et comprendre le monde. Demain, il faudra que Nadine et sa famille contactent le service juridique d’une association non sco et qu’une procédure soit lancée. Que les enfants retournent ou non à l’école l’année prochaine, car simplement parce que chacun doit être respecté et que leur expérience ne peut ainsi virer au désastre. D’ores et déjà, Nadine s’est promis de ne plus jamais laisser la peur l’envahir face à quiconque.

Photo de Swapnil Sharma provenant de Pexels

Discussions en ligne du 30 avril au 28 mai

En mai, invente la classe qui te plaît
Le vendredi de 20 h 30 à 21 h 30
En ligne gratuit
Discutons et échangeons nos idées
Dates et participants
30 avril : des parents
7 mai : des enseignants
21 mai : des enfants
28 mai : des parents (bis)
pour recevoir le lien de connexion
Photo de Freddie Ramm provenant de Pexels

Le feuilleton des mamans 1

Je sais bien que les enfants ont un papa, en plus d’une maman, mais comme je m’appelle Bernadette, et non Bernard, il est des tranches de vie qui me sont plus évidentes à dépeindre… Si vous vous reconnaissez un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout (tant pis) dans ces portraits, c’est peut-être que nous, les mamans, au-delà de nos différences, nous partageons toutes un  petit quelque chose…

 Entre télétravail et téléécole : le réel ras-le-bol de Bérangère

Bérangère est un condensé de vous, de vos collègues, amies, voisines. Elle a une petite trentaine, un ou deux enfants. Scolarisés. Enfin… inscrits à l’école serait plus conforme à la réalité familiale du moment. Elle a investi dans ses études comme d’autres dans la pierre. Carriériste et ambitieuse, elle compte évoluer et obtenir les promotions qu’elle vise. Elle gagne bien sa vie et table sur de prochaines augmentations de salaire. Elle vit en couple, en accession à la propriété, dans un appartement neuf, au sein d’une résidence soignée et surveillée, en centre ville.
Un peu de tv, de radio, de magazines féminins et de réseaux sociaux suffit à son information quotidienne.

Mais depuis quelques mois, sa vie est chamboulée. Plus de trajets pour se rendre chaque jour au bureau, de discussions avec les collègues, de lèche-vitrine à la pause déjeuner. Bérangère se sent cloitrée, prisonnière, entre ses beaux quatre murs décorés comme dans une revue et ses enfants, qui ne restent plus ni à l’étude ni chez la nounou. Même son mari passe plus de la moitié de la semaine à la maison. Du jamais vu depuis qu’ils se connaissent ! Les écrans : ordinateurs, tablettes, smartphones, sont allumés en permanence. Elle, qui d’ordinaire, déteste l’exercice physique, s’est découvert une soudaine passion pour le jogging.

Quels conseils collaborativEducation peut-elle prodiguer à Bérangère ?

De lire collaborativEducation 4, pour y découvrir :
– un Fab Truck, bien pratique pour qu’une personne compétente assure des heures d’animation technologique auprès des enfants;
– des jeunes gens en service civique avec l’association Unis-cité, démarche de mécénat dans laquelle son entreprise pourrait s’engager en les parrainant
De lire collaborativEducation 10 :
– pour savoir comment déléguer de sa présence à une éducatrice Montessori se déplaçant à domicile.

Pour Bérangère, le temps, c’est de l’argent. Tant qu’elle ne percevra cette période de télétravail que comme une contrainte, elle lui sera difficile à supporter et son mal-être ira en s’accentuant. Bérangère aime sa vie au bureau et sa carrière. Sans rien lâcher sur ses priorités professionnelles, elle peut optimiser son organisation de vie et ainsi éviter de foncer dans le mur, puis de s’étaler, raide, en plein burn-out.

A toutes les Bérangère, pour s’inscrire à l’APP – Accompagnement de Projet PédagogiqueConcilier télétravail et téléécole, le lundi, de 20 h à 22 h, en ligne, il suffit d’un mail
collaborativeducation@mailo.com

Photo de Ketut Subiyanto provenant de Pexels